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Maison d’édition indépendante fondée en 1992


Une vie de nonne zen

Shundo Aoyama

La nonne Shundo Aoyama est l’un des maîtres zen contemporains les plus respectés, au Japon comme en Occident.


en stock
Collection : Le Prunier
Nombre de pages : 208
Format : 140 x 210
Date de parution : mai 2017
ISBN : 978-2-35432-304-2
16,50€
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traduit du japonais par Jôkei-Ni Lambert et Akiko Murayama

La nonne Shundo Aoyama est l’un des maîtres zen contemporains les plus respectés, au Japon comme en Occident. Abbesse du temple de formation pour nonnes zen de Nagoya au Japon, où ont séjourné de nombreuses pratiquantes occidentales, elle revient dans cet ouvrage, destiné à un large public, sur plusieurs événements marquants qu’elle a vécu comme autant de moments privilégiés pour s’éveiller à la profondeur de l’enseignement bouddhique.

Depuis son entrée dans un temple dès l’âge de cinq ans et ses années de formation dans la période de l’après-guerre, jusqu’à ses conférences en tant que maître éminent, elle nous fait partager sa vie de nonne zen qui suit avec fluidité le cours des choses. Moments joyeux ou difficiles, rencontres avec des maîtres et des laïcs, expériences de la maladie et des séparations, voyages à l‘étranger et découverte d’autres cultures, elle nous communique sa foi et sa sagesse dans un langage plein de sensibilité.

Chaque instant de vie est l’occasion d’approfondir notre Voie spirituelle, nous dit-elle, et cette Voie est sans fin. Un livre précieux.
Préface à l’édition française de Jôkei-Ni Lambert
Préface à l’édition originale

Chapitre 1 • La grâce de la vie

Chapitre 2 • Je ne peux m’appuyer que sur moi

Chapitre 3 • Apprendre à travers la rencontre et la séparation

Chapitre 4 • Apprendre de la maladie

Chapitre 5 • On ne peut pas vivre seul

Chapitre 6 • La vérité est une

Chapitre 7 • L’Inde, pays éternel
Préface à l’édition originale
Aoyama Shundô



« Ici et maintenant,
la Voie est à la fois proche et lointaine,
je veux y consacrer toute ma vie.
»

J’ai composé ce poème en 1998, en réponse au thème choisi par la Cour impériale pour présenter les waka (courts poèmes de trente-et-une syllabes) du Nouvel An.
Ma vie avait débuté sous les auspices de la prédiction de mon grand-père paternel, ascète religieux du Shugendô (1), alors que je n’étais encore qu’à l’état embryonnaire : « Le bébé qui est dans ce ventre deviendra un religieux. » Depuis, soixante-cinq années se sont écoulées. Envoyée auprès de ma tante Shûzan Rôni à cinq ans, j’ai reçu les préceptes dès l’âge de quinze ans. Il y a déjà un demi-siècle ! Guidée par de nombreuses rencontres précieuses et malgré la lenteur de mes pas, je pense que je me suis totalement consacrée à cheminer sur cette Voie.
Je commence seulement maintenant à prendre tout doucement conscience de ce qu’est la Voie et à pouvoir me diriger dans la bonne direction. Je ne peux absolument pas dire que j’ai compris le Dharma ni que je ne fais pas de faux pas. C’est seulement une appréciation. En ce sens, j’ai le sentiment que le chemin parcouru et celui qu’il me reste à parcourir sont encore très éloignés du Dharma.
Je peux le reconnaître dans ma vie quotidienne à la lumière de la Voie. En y songeant, je réalise que j’en suis encore loin car je ne me vois pas marcher dessus.
Dôgen Zenji a dit : « La Voie du Bouddha est la Voie du Bouddha au moment où s’élève l’esprit d’éveil ; c’est la Voie du Bouddha au moment où l’on atteint le véritable Éveil. C’est la Voie du Bouddha au début, au milieu et à la fin. Par exemple, pour une marche de dix mille li, un pas est dans mille li, le millième pas est dans mille li. Le tout premier pas et le millième pas semblent différents, mais les mille li sont identiques. » Dans le même esprit, Lao-Tseu a dit : « Une route de quatre millions de kilomètres commence par un premier pas. » Quel que soit le moment ou le lieu, le pas ne peut dévier de la Voie, et la longue marche est faite de l’accumulation d’un pas, et un pas, et un pas… Quand j’y pense, je me dis que je voudrais faire totalement et soigneusement chaque pas à chaque instant, en vérifiant l’avant et l’après, en prenant conscience que c’est un pas qui résulte de mon passé et aussi le premier pas vers mon avenir.
Dans les années 1980 j’ai écrit sur une période de trois ans une série d’articles au sujet de mon parcours pour la revue Un essor. Plus tard, ils furent édités sous le titre de Brûler chaque instant de ma vie. Aujourd’hui, après dix ans de pas supplémentaires, j’ai retouché leur contenu et leur composition pour cette réédition. Je serais très heureuse si les lecteurs pouvaient apprendre, par mon intermédiaire, les enseignements justes des maîtres qui m’ont guidée jusqu’à présent.
Le livre Michi haruka nari tomo dans sa version revue et corrigée a pu voir le jour grâce à la collaboration infatigable des membres de la section livre de la maison d’édition Kôsei-shuppansha, à qui j’exprime toute ma gratitude.

5 octobre 1998

(1) Branche d’une école ésotérique qui a trait à la nature, la montagne.