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Maison d’édition indépendante fondée en 1992


Shôbôgenzô

La vraie Loi, Trésor de l'Œil

Maître Dôgen

Le Shôbôgenzô du maître zen japonais Dôgen (1200-1253) est un patrimoine culturel sans égal. Il est l’expression unique du génie à la fois de son auteur, de l’enseignement bouddhique et de la culture japonaise. Considéré comme le cœur de la tradition du bouddhisme zen Sôtô, il outrepasse tout cadre géographique et temporel. Sa résonance est universelle.


à paraître
Collection : Le Prunier
Nombre de pages : 1800
Format : 160 x 240
Date de parution : octobre 2019
ISBN : 978-2-35432-328-8
85,00€

traduit du japonais par Yoko Orimo

La montagne et l’eau de ce Présent sont la Parole des anciens éveillés qui se réalise comme présence… Antérieurs à l’éon de Vacuité, leurs souffles ininterrompus constituent la pleine activité quotidienne de ce Présent. Antérieur au tout paraître du monde phénoménal, le Soi transparaît en se dépouillant et se réalise comme présence. La multitude des vertus acquises de la montagne est si haute, si vaste que, montée sur les nuages, la vertu de la Voie pénètre toujours et partout depuis la montagne. Le merveilleux acquis du bon vent transparaît toujours depuis la montagne en se dépouillant. (« Le sûtra de la montagne et de l’eau ».)

Le Shôbôgenzô du maître zen japonais Dôgen (1200-1253) est un patrimoine culturel sans égal. Il est l’expression unique du génie à la fois de son auteur, de l’enseignement bouddhique et de la culture japonaise. Considéré comme le cœur de la tradition du bouddhisme zen Sôtô, il outrepasse tout cadre géographique et temporel. Sa résonance est universelle.
Cette édition intégrale bilingue présente la traduction de référence de Yoko Orimo dans une version entièrement révisée de l’édition en huit volumes (2005-2016). Il contient l’ensemble du recueil selon l’ordre de compilation original : l’Ancienne édition en 75 textes compilée par Dôgen lui-même, la Nouvelle édition en 12 textes compilée par son disciple Ejô ainsi que 5 textes supplémentaires.
Lire le Shôbôgenzô de maître Dôgen est une pratique d’éveil qui ouvre de nombreuses portes. La vraie Loi, Trésor de l’Œil dans sa traduction française réalisée par Yoko Orimo permet à chacun d’en faire l’expérience.
Préface de la traductrice
Avant-propos de l’éditeur
Notice

I. Ancienne Édition [Kyûsô 旧草]

A1. Le kôan qui se réalise comme présence [Genjô-kôan 現成公案]
A2. L’accomplissement de la grande Sagesse [Maka-hannya-haramitsu 摩訶般若波羅蜜]
A3. La nature de l’Éveillé [Busshô 仏性]
A4. Études de la Voie au moyen du corps et du cœur [Shinjin-gakudô 身心学道]
A5. Le cœur en tant que tel est l’Éveillé [Sokushin-zebutsu 即身是仏]
A6. La manière digne des éveillés en pratique [Gyôbutsu-igi 行仏威儀]
A7. Une perle claire [Ikka-myôju 一顆明珠]
A8. Le cœur n’est pas à saisir [Shin-fukatoku 心不可得]
A9. Le cœur des anciens éveillés [Kobutsu-shin 古仏心]
A10. Le grand Éveil [Daigo 大悟]
A11. La manière de la méditation assise [Zazen-gi 坐禅儀]
A12. Maximes de la méditation assise [Zazen-shin 坐禅箴]
A13. Recueillement du sceau de l’océan [Kai.in-zanmai 海印三昧]
A14. Fleurs de Vacuité [Kûge 空華]
A15. Claire Lumière [Kômyô 光明]
A16. La pratique maintenue (1 et 2) [Gyôji 行持]
A17. Le tel quel [Inmo 恁麼]
A18. L’être d’Éveil contemplant le son du monde [Kan.non 観音]
A19. Miroir ancien [Kokyô 古鏡]
A20. Le temps qu’il-y-a [Uji 有時]
A21. Annonciation [Juki 授記]
A22. Totalité dynamique [Zenki 全機]
A23. La lune ou la Réflexion [Tsuki 都機]
A24. Une galette en tableau [Gabyô 画餅] 
A25. La voix des vallées, les formes-couleurs des montagnes [Keisei-sanshoku 渓声山色]
A26. Le fait d’aller au-delà de l’Éveillé [Butsu-kôjôji 仏向上事]
A27. Discourir du rêve au milieu du rêve [Muchû-setsumu 夢中説夢]
A28. Obtenir la moelle en vénérant [Raihai-tokuzui 礼拝得髄]
A29. Sûtra de la montagne et de l’eau [Sansui-kyô 山水経]
A30. Lectures des sûtras [Kankin 看経]
A31. Ne faites pas d’actes mauvais [Shoaku-makusa 諸悪莫作]
A32. Transmission de la robe [Den.e 伝衣]
A33. Parole obtenue [Dôtoku 道得]
A34. L’enseignement de l’Éveillé [Bukkyô 仏教]
A35. Pouvoirs surnaturels [Jinzû 神通]
A36. Arhat [Arakan 阿羅漢]
A37. Printemps et automnes [Shunjû 春秋]
A38. Entrelacement des lianes [Kattô 葛藤]
A39. Actes généalogiques [Shisho 嗣書]
A40. Un chêne [Hakujushi 栢樹子]
A41. Le triple monde, rien que le cœur [Sangai-yuishin 三界唯心]
A42. Discourir du cœur, discourir de la nature [Sesshin-sesshô 説心説性]
A43. L’Aspect réel de la multitude des entités [Shohô-jissô 諸法実相]
A44. La Voie de l’Éveillé [Butsudô 仏道]
A45. Parole secrète [Mitsugo 密語]
A46. Prédication de la Loi faite par l’inanimé [Mujô-seppô 無情説法]
A47. Les sûtras bouddhiques [Bukkyô 仏経]
A48. La nature de la Loi [Hosshô 法性]
A49. Formule détentrice (dhârani) [Darani 陀羅尼]
A50. Toilette du visage [Senmen 洗面]
A51. La transmission face à face [Menju 面授]
A52. Les éveillés et les patriarches [Busso 仏祖]
A53. Fleurs de prunier [Baika 梅花]
A54. Purification [Senjô 洗浄]
A55. Les dix directions [Jippô 十方]
A56. Voir l’Éveillé [Kenbutsu 見仏]
A57. Pérégrinations [Henzan 遍参]
A58. La prunelle de l’Œil [Ganzei 眼睛]
A59. La vie quotidienne [Kajô 家常]
A60. Les trente-sept préceptes auxiliaires de l’Éveil [Sanjûshichibon-bodai-bunpô 三十七品菩提分法]
A61. Le grondement du dragon [Ryûgin 竜吟]
A62. Quel est le sens de la venue du patriarche Bodhidharma depuis le pays de l’Ouest ? [Soshi-seirai.i 祖師西来意]
A63. Déploiement du cœur de l’Éveil sans au-delà [Hotsu-mujôshin 発無上心]
A64. Fleur d’Udumbara [Udonge 優曇華]
A65. Totalité-corps de l’Ainsi-Venu [Nyorai-zenshin 如来全身]
A66. Le roi du recueillement en recueillement [Sanmai-ô-sanmai 三昧王三昧]
A67. Mise en mouvement de la roue de la Loi [Tenbôrin 転法輪]
A68. La grande pratique [Daishugyô 大修行]
A69. Le recueillement qui s’atteste lui-même [Jishô-zanmai 自証三昧]
A70. Le méta-espace [Kokû 虚空]
A71. Le bol à aumônes [Hatsu.u 鉢盂]
A72. Retraite spirituelle [Ango 安居]
A73. Le pouvoir de pénétrer le cœur de l’autre [Tashinzû 他心通]
A74. Le roi à la recherche du saindhava [Ôsaku-sendaba 王索仙陀婆]
A75. Quitter la maison pour devenir moine [Shukke 出家]

II. Nouvelle édition [Shinsô 新草]

N1. La vertu acquise de ceux qui ont quitté la maison [Shukke-kudoku 出家功徳] 
N2. Réception des préceptes [Jukai 授戒]
N3. La vertu acquise du kesa [Kesa-kudoku 袈裟功徳]
N4. Déploiement du cœur de l’Éveil [Hotsu-bodaishin 発菩提心]
N5. Offrande à la multitude des éveillés [Kuyô-shobutsu 供養諸仏]
N6. Prise de refuge dans les Trois Joyaux : l’Éveillé, la Loi et
la communauté des moines [Kie-buppôsôbô 帰依仏法僧宝]
N7. Profonde foi en la loi de cause à fruit [Jinshin-inga 深信因果]
N8. Les trois temps de rétribution des actes [Sanjigô 三時業]
N9. Les quatre chevaux [Shime 四馬]
N10. Le moine ayant accompli le quatrième stade de
la méditation [Shizen-biku 四禅比丘]
N11. Les cent huit portes de la clarté de la Loi 
[Ippyakuhachi-hômyômon 一百八法明門]
N12. Les huit préceptes de l’homme éveillé 
[Hachi-dai.ningaku 八大人覚]

III. Cinq textes supplémentaires

S1. Entretien sur la pratique de la Voie [Bendôwa 弁道話]
S2. Les quatre attributs pratiques de l’être d’Éveil [Bodaisatta-shishôbô 菩提薩埵四摂法]
S3. « Le Lotus, Fleur de la Loi » met en mouvement « Le Lotus,  Fleur de la Loi » [Hokke-ten-Hokke 法華転法華]
S4. Naissances et morts [Shôji 生死]
S5. Seul un éveillé avec un éveillé [Yuibutsu-yobutsu 唯仏与仏]

Annexes
Glossaire
Lexique
Repères chronologiques
Liste des personnages
Index des personnages
Liste des sources

Avant-propos de l’éditeur


Le Shôbôgenzô du maître zen japonais Dôgen (1200-1253) a commencé à susciter un intérêt croissant en Occident, d’abord aux États-Unis vers les années 1960 et, en France, à partir des années 1980.
La présente édition de la traduction intégrale intervient dix-sept années après la publication de la présentation générale de l’œuvre par Yoko Orimo dans son ouvrage intitulé Le Shôbôgenzô de maître Dôgen (Sully, 2003, 2014), préfacé par Pierre Hadot. Ce premier livre contenait une biographie de maître Dôgen, une histoire de la compilation du Shôbôgenzô, auxquelles les lecteurs peuvent se référer, ainsi qu’une présentation détaillé de chaque texte. À l’époque, il n’existait en français que des présentations partielles du Shôbôgenzô, avec la traduction de quelques textes, et l’œuvre entière n’était accessible que par les publications anglaises. Pour les lecteurs francophones, et pour nous-mêmes, qui avions un intérêt personnel pour l’œuvre de Dôgen, cet ouvrage constituait une avancée considérable.
Ce fut le point de départ de la publication en huit tomes de l’ensemble des textes (Sully, 2005-2016) traduits, annotés et commentés par Yoko Orimo, qui permit de faire connaître Dôgen à un public francophone plus large que le premier cercle des pratiquants du zen Sôtô et des orientalistes japonisants : philosophes, religieux, scientifiques, écrivains, artistes, poètes ont pu découvrir une œuvre exceptionnelle, dans la forme et dans le fond, qui place le non-dualisme au centre de sa réflexion. Aujourd’hui, nous mesurons le chemin parcouru et à quel point notre rencontre avec Yoko Orimo fut providentielle, et la qualité de son travail inestimable.
Le Shôbôgenzô est une œuvre littéraire, religieuse et philosophique hors du commun. Il est l’expression unique du génie à la fois de son auteur, de l’enseignement bouddhique et de la spécificité japonaise. Considéré comme le cœur de la tradition du bouddhisme zen Sôtô, au côté de la pratique de la méditation assise, il outrepasse tout cadre géographique et temporel ; sa résonance est universelle. La traduction de tels monuments littéraires a toujours constitué, en Occident comme en Orient, un ferment du développement culturel, un élément essentiel de la diffusion des idées et de la foi religieuse. On pense aux textes sacrés, aux traités philosophiques, aux épopées, à tous ces chefs-d’œuvre de la littérature mondiale auxquels appartient le Shôbôgenzô.
C’est dans cette perspective que depuis plusieurs décennies les grands textes de la tradition bouddhique sont traduits et deviennent peu à peu disponibles en français : le Canon pali, les sutras et traités du Mayahana, comme le Traité de la grande vertu de sagesse ou le Sûtra du Lotus. La publication de la traduction du Shôbôgenzô s’inscrit dans cette continuité.
Dans sa préface, Yoko Orimo précise son choix de traduction littérale et en explique avec profondeur les raisons. La qualité de sa traduction réside dans cette grande rigueur philologique, mais pas seulement. Yoko Orimo possède une connaissance approfondie de la philosophie dôgenienne avec laquelle elle est en sympathie. Japonaise d’origine, elle saisit les subtilités de la langue japonaise et de la culture bouddhique. Française d’adoption, elle fait preuve d’une grande maîtrise de la langue française et de la pensée occidentale. Ainsi, la traduction ici proposée – tous les textes ont été entièrement révisés pour cette édition – nous permet d’entrer dans l’univers de La vraie Loi, Trésor de l’Œil.
En outre, les choix de traduction sont indiqués clairement, ce qui est essentiel, soit en notes, soit dans le glossaire. Celui-ci est plus qu’un glossaire mais un véritable dictionnaire des termes dôgeniens et des notions bouddhiques. Les notes indiquent les sources, précisent le contexte, et donnent des éclairages culturels. Une chronologie de la réalisation des textes, une liste et un index des personnages et des sources complètent l’appareil critique.
L’édition en un seul volume, suivant l’ordre de compilation original, permet des renvois, des recoupements, un cheminement que l’édition en plusieurs tomes ne permettait pas. Nous avons également opté pour une édition bilingue en présentant en page de gauche le texte original de Dôgen. À notre connaissance, il n’existe pas d’édition de ce type parmi les différentes éditions intégrales en langue anglaise. Les lecteurs auront ainsi accès au texte original et, même pour ceux qui n’ont aucune connaissance du japonais ou du chinois, la matérialité du texte avec la graphie des kanjis et les hiragana apporte, nous semble-t-il, une dimension supplémentaire au texte français (la numérotation des paragraphes, pour faciliter la correspondance entre les deux versions, n’existe pas dans la version originale).
L’édition de cette traduction a été pour nous, au cours des années, l’occasion de nombreuses lectures en suivant le travail minutieux de la traduction, parvenant ainsi à une certaine intimité avec le texte. Le Shôbôgenzô est une œuvre difficile d’accès, mais nous pouvons témoigner que sa fréquentation ouvre de nombreuses portes. Lire le Shôbôgenzô de maître Dôgen est une pratique d’éveil. En publiant cette édition intégrale de La vraie Loi, Trésor de l’Œil dans sa traduction française réalisée par Yoko Orimo, nous sommes heureux de permettre à chacun d’en faire l’expérience.

Pierre Crépon