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Maison d’édition indépendante fondée en 1992


Le Bouddha historique

Lépoque, la vie et les enseignements de Gotama

Hans Wolfgang Schumann


Cet ouvrage unique nous fait ainsi découvrir l'homme Gotama, à la fois mystique, rénovateur religieux, prédicateur, tacticien politique, organisateur d'un ordre religieux, mais également ses contemporains, disciples moines ou laïcs.
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Collection : Spiritualité
Nombre de pages : 320
Format : 150 x 230mm
Date de parution : mai 2012
ISBN : 978-2-35432-068-3
22,00€
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Première édition : mai 1999


L'œuvre de référence de H.W. Schuman retrace la vie du Bouddha, débarrassé de son aspect légendaire. Grâce à une profonde connaissance du canon pali et de l'histoire indienne, et à une familiarité palpable avec le pays, l'auteur replace les grands événements de l'existence et de la mission de Gotama dans leur déroulement chronologique et dans leur environnement social, politique et religieux.

Cet ouvrage unique nous fait ainsi découvrir l'homme Gotama, à la fois mystique, rénovateur religieux, prédicateur, tacticien politique, organisateur d'un ordre religieux, mais également ses contemporains, disciples moines ou laïcs. L'époque du Bouddha, la naissance du Shanga, l'exposé du Dhanam deviennent vivants au cours des pages, nous permettant de comprendre profondément le succés du bouddhisme originel et son développement futur.
Avant-propos

563-528 av. J.-C.
I. JEUNESSE, QUETE ET ILLUMINATION

Paysage et politique de l’Inde du Nord au VIe siècle av. J.-C.
Origines et naissance de Siddhatta
Problème de datation
La ville de Kapilavatthu et son raja
Siddhatta, le fils du raja
Une ville de l’Inde ancienne
Le culte sacrificiel védique
Le mouvement religieux de libération
Le chemin vers la vie sans demeure de Siddhatta
Siddhatta l’ascète
Siddhatta le Bouddha
L’arbre sacré

528 av. J.-C.
II. LA FONDATION DE L’ORDRE ET LE DÉBUT DE LA MISSION

Premiers sermons
Sarnath – le site archéologique
Croissance de la communauté
L’orthodoxie de Bénarès contre le mouvement samana
La retraite de la saison des pluies à Isipatana
Retour à Uruvela

528-508 av. J.-C.
III. LES VINGT PREMIERES ANNEES DE LA MISSION

La conversion du roi Bimbisara
Sariputta et Moggallana deviennent disciples du Bouddha
La saison des pluies à Rajagaha
Le Bouddha se rend dans sa ville natale
Retour à Rajagaha
Le roi Pasenadi devient disciple laïque
Pasenadi et le royaume de Kosala
Saison des pluies à Rajagaha et Vesali
Fondation de l’ordre des nonnes
Des problèmes avec Kosambi
La seconde décennie de la mission

IV. LA DOCTRINE, L’ORDRE, LE LAICAT
L’enseignement

1) Dukkha, la souffrance
2) Samsara, la renaissance et sa loi
3) Anatta, le non-soi
4) Digression : la représentation du monde du Bouddha
5) La force motrice du samsara
6) Le sentier de la libération
7) Le Nibbana

L’ordre
1) Le fondement légal
2) La vie du bhikkhu
3) Les monastères
4) L’esprit du Sangha
L’ordre et le laïcat du point de vue sociologique
Le Bouddha et les castes

V. GOTAMA : ASPECTS PSYCHOLOGIQUES
Son apparence
Le développement de sa personnalité
Comment le Bouddha se voyait lui-même
Disposition émotionnelle
Les relations de Gotama avec le laïcat
Le Maître

VI. DERNIERES ANNEES
Compétition entre écoles de pensée
Gotama le moine itinérant
Une décennie de crise

483 av. J.-C.
VII. LE GRAND RETOUR

Derniers voyages
La grande extinction
La crémation
Kusinara – le site archéologique

VIII. APRES
Conciles et canon

Abréviations
Bibliographie
Avant-propos

Peu de personnalités dans l’histoire de l’humanité ont si largement et durablement rayonné que Siddhatta Gotama, le « Bouddha », et aucune n’a marqué plus profondément l’Asie. La religion qu’il a fondée n’a pas seulement porté consolation à d’innombrables êtres ; elle fut aussi la base d’un humanisme élévé et d’une culture de grande sensibilité. La première prédication du Bouddha en 529 av. J.-C. à Sarnath près de Bénarès fut un événement dont la bénédiction dure jusqu’à ce jour.
   Le titre Le Bouddha historique cerne à la fois les thèmes du présent ouvrage aussi bien que sa limite. Exclus de cette étude sont les bouddhas non historiques du passé et de l’avenir dont il est souvent question dans les écritures bouddhiques ; exclues également les légendes tournant autour du Bouddha historique tant que ne s’y discerne aucun noyau historique. Ce livre traite de la personne « démythologisée » du grand sage, de l’époque où il a vécu et des conditions politiques et sociales qui ont permis sa mission et son succès.
   Dans la mesure où il existe déjà un nombre considérable de vies du Bouddha, il convient de justifier une nouvelle biographie. Celle-ci repose sur le fait que l'indologie comme science est, depuis environ vingt ans, descendue de sa tour d’ivoire philosophique et considère aujourd'hui les grands penseurs de l’Inde dans le cadre des événements de leur temps et de leur environnement. L'époque du Bouddha, les VIe et Ve siècles av. J.-C., à la suite à d’investigations détaillées, apparaît sous un nouveau jour. On ne voit plus le Bouddha, pour ainsi dire, comme un saint flottant au-dessus du sol, mais comme un organisateur doué d'une sagesse de ce monde et d'une intelligence tactique le rendant capable d'utiliser les situations politiques, comparable, en somme, au grand homme des temps modernes de l'Inde, le Mahatma Gandhi, qui put accomplir sa mission parce qu'il n'était pas seulement un hindou pieux mais aussi un avocat brillant et un penseur politique réaliste. Aucune période de l'histoire ne fut réellement un « bon vieux temps » et celle du Bouddha ne fait pas exception, comme le prouve son grand intérêt pour les nouvelles doctrines d'émancipation. Nous ferions bien de la regarder comme une époque où les hommes ne différaient de nous ni par le degré d'intelligence ni par les normes morales mais uniquement par une autre vision du monde et une moindre domination technique sur la nature des hommes animés par les mêmes désirs et espérances que nous.
    On entend parfois les bouddhistes dire que le Bouddha en tant que personne n'est pas important, que seul son enseignement éternel, et non les événements éphémères de sa vie, mérite attention. Cette vision des choses n'est pas sans intérêt et, en fait, on peut laisser le Bouddha hors de sa doctrine sans qu'il n'y manque rien. D'un autre côté, toute conception philosophique est une rationalisation de la mentalité de celui qui l'a pensée. Un autre homme ou le même homme dans un autre milieu auraient développé une autre mentalité et, en conséquence, rationalisé autre chose, bref : pensé autre chose. Le créateur d'une doctrine est donc aussi digne d'intérêt en tant que personne et dans le cadre de sa vie, en tout cas pour l'Occidental qui pense en termes historiques et pour qui le comment d'une connaissance retient autant que le quoi.
La doctrine philosophico-religieuse visant à l'émancipation, que le Bouddha a exposée en Inde à ses contemporains durant les quarante-cinq années de son enseignement, est ici esquissée sous sa forme la plus ancienne connue. Les lecteurs qui souhaitent connaître aussi les développements ultérieurs de l'enseignement du Bouddha peuvent se référer à mon livre Le Bouddhisme – Fondateurs, écoles et doctrines1.
Là où, dans le travail suivant, il est question non de détails philosophiques mais d'éléments biographiques, il est acceptable de donner les paroles du Maître sous forme abrégée, condensée ou de paraphrases. De cette manière elles pourront devenir plus vivantes que dans le style sacré répétitif du canon pali révisé par de nombreux conciles monastiques.
Ce canon en langue palie forme pour les biographes du Bouddha la plus importante source. En conséquence les noms et notions bouddhiques sont donnés ici sous leur forme palie, par exemple Nibbana au lieu de Nirvana en sanskrit. Les autres noms et notions sont employés dans leur forme la plus courante : sanskrit, prakrit ou hindi [ou encore sous leur forme francisée, N.D.T.]. Il eût été possible d'illustrer ce livre par des reproductions de sculpures du Bouddha. Je m'en suis abstenu parce que la figuration artistique du Bouddha en Inde date de quatre siècles et demi après la mort du Maître, soit peu avant le début de l'ère chrétienne, et n'a pas pour objet le Gotama historique mais qu’on avait déjà fait de lui le légendaire surhomme (mahapurisa).
    De tout coeur je veux remercier ceux qui ont rendu ce livre possible, en premier lieu ma femme qui durant cinq années, à Bonn et plus tard à Colombo, a dû passer des soirées silencieuses et renoncer à beaucoup d'activités communes. Mon fils Harald Kim a fait lui aussi des sacrifices : bien qu'il soit né en Inde à la pleine lune de mai, anniversaire supposé du Bouddha, il a parfois protesté lorsque papa se dévouait davantage aux temps passés qu'à lui. Merci au senior des moines theravadin allemands, le vénérable Nyanaponika Mahathera de Forest Hermitage, près de Kandy, pour son aide désintéressée et son ardeur à la tâche. Malgré ses propres travaux littéraires et des devoirs éditoriaux urgents pour la Buddhist Publication Society, il a pris le temps de lire le manuscrit avec soin. Ses indications ont grandement renforcé l'exactitude de certains chapitres.
H. W. Schumann